Pendant la grave
crise des années trente, Annie est une petite fille de dix ans,
toute rousse qui a une très forte personnalité. Elle vit dans un
orphelinat de New York en attendant que ses parents viennent un
jour la rechercher. Elle fait office de mère pour toutes les
autres petites filles, les réconfortant en chantant. Et quand
elle arrive à s’enfuir dans les rues, elle n’hésite pas à jouer
des coudes.
L'orphelinat est dirigé par une femme disons un peu "je bois
beaucoup pour oublier", Miss Hannigan. Elle appelle les
fillettes « mes chers petites crottes de bique». Ce qui veut
tout dire.
Mais un jour une jeune femme, la secrétaire Grace Farrell,
arrive à l’orphelinat dans une somptueuse limousine. Elle
souhaite un enfant pour une semaine pour son patron, le multi
milliardaire, Oliver Warbucks. Ce n’est bien sûr qu’un coup de
pub pour cet homme, pour son image de marque, mais la jeune
femme, elle, semble prendre cela très à cœur. Même si le
milliardaire voulait un garçon, par une série de quiproquos,
c'est Annie la débrouillarde qui arrive chez le milliardaire un
brin bougon, accompagnée de son chien Sandy trouvé dans la rue.
Ce qu’elle croit être une gare est en fait une maison. Celle où
elle va vivre durant une semaine. C’est alors une nouvelle vie
pour Annie qui croit d’abord qu’elle a été choisie pour faire le
ménage.
Mais M. Warbucks la rejette: il voulait un garçon. Pourtant
Annie arrive à le mettre dans sa poche et peut rester.
« - Accrochez-moi dans votre salle de bain, je suis sûr que vous
vous habituerez à moi »
M. Warbucks ne semble pourtant pas de taille à affronter la
malicieuse petite fille. Il est gauche avec elle et ne sait pas
comment s’y prendre avec les enfants. Mais Grace est là.
Au bout d’une semaine, Grace arrive à convaincre M. Warbucks
d’adopter Annie. Ce dernier va même à l’orphelinat et est
tyrannisé par « la tigresse » de directrice.
Mais Annie n’est pas orpheline, elle est seulement abandonnée.
La mort dans l’âme mais voulant le bonheur de la fillette, «
papa Warbucks » va faire des recherches pour retrouver ces
derniers, promettant une récompense de 50 000 dollars.
Un couple se présente alors à l’orphelinat comme les parents
d’Annie. C’est un déchirement pour les deux qui ont appris à
s’aimer après s’être apprivoiser. Mais ils s’avèrent que ce ne
sont pas les vrais parents. Après avoir été mis au courant par
les amies d’Annie et avoir alerté tout le pays, Warbucks et
Grace partent à la recherche de l’enfant.
Alors vive Annie
: Ou comment une fillette au caractère trempé ouvre les yeux
d’un business man bourru!
La BD en premier
lieu

Avec Little Orphan Annie, créée
en 1924 par Harold Gray, une autre innovation se fit jour:
l'introduction de l'idéologie politique (d'extrême droite en ce
cas) dans la bande dessinée. Annie l'orpheline, l'héroïne de la
série, éternellement flanquée de son chien Sandy, ne doit son
salut qu'à la protection occulte de Daddy Warbucks, capitaine
d'industrie richissime et tout puissant, incarnation du
capitalisme triomphant. Harold Gray déploie dans cette bande un
sens magistral de la composition et une incontestable puissance
évocatrice, malheureusement gâtés par un graphisme élémentaire
et la fréquente insipidité des scénarios.